Chez Garza, les délices intacts d’un pâtissier légendaire



Chez Garza! C’est vraiment une enseigne de légende qui a traversé le siècle pour rester entre les mains d’une même famille qui cultive un paradis de douceurs et une réputation inégalée.

L’histoire de cette pâtisserie tunisoise commence avec Luigi Garza, le fondateur de cette tradition qui s’est installé dans la petite boutique-atelier de la place de la Monnaie.

 

La façade de la pâtisserie Garza, le 22 janvier 2017, à Tunis. (Crédit Photo: Hanene MABROUK – mangeonsbien.tn)

 

Du temps de l’ouverture au seuil des années 1930, Luigi Garza était entouré de plusieurs édifices prestigieux comme le siège de la radio tunisienne, l’école israelite ou la fameuse cité Boulakia. De fait, la boutique se trouvait à la confluence de toutes les communautés musulmane, juive, maltaise, italienne et française.
Avec son savoir-faire à l’italienne, le signor Luigi n’allait pas tarder à convaincre une clientèle qui brassait le riche et le pauvre, le notable et l’enfant du quartier. Fondateur d’une lignée, Luigi Garza inscrira son travail dans une lignée et répondra brillamment à sa vocation de maître-pâtissier.
 
Son fils Giovanni et son épouse Ida prendront le relais. Devant les fourneaux, Giovanni Garza allait ancrer la réputation d’excellence de la maison. Il confirmera les gâteaux les plus prisés et créera de nouvelles oeuvres de toutes les saveurs.

Les gourmets continuent de nos jours encore à venir de très loin pour récupérer leurs commandes. Car Chez Garza, les ventes ne se font que sur commande avec des pics en périodes de fête. Tout y est: les macarons, les mille feuilles et les puits d’amour. A déguster avec modération mais en appréciant chaque infime effluve, chaque grain, chaque détail savoureux.

 

Un échantillon des délices de Garza: meringues, gâteaux aux amandes, etc. (Crédit Photo: Anissa BOUASKER – mangeonsbien.tn)

 

Ida Garza veillait sur la salle, tenait le registre des livraisons et entourait de son accueil distingué chaque client. La maison Garza s’était taillée une réputation d’incontournable en ce qui concerne les biscuits secs et autres nougatines. Même chose pour tout ce qui a trait aux frangipanes. Avec une règle immuable: même pour un simple kilo de biscuits, il fallait passer commande et attendre son rendez-vous.

La procédure est toujours la même et, aujourd’hui, c’est Jean Garza, petit-fils de Luigi, qui, au four et au moulin, veille sur les destinées de la maison. Dans un décor en bois qui fleure bon la tradition, avec un atelier qui, tel un métronome, livre les fournées successives, Jean Garza officie et maintient une griffe qui fait des Garza des pâtissiers parmi les plus appréciés et de leur boutique l’un des rares lieux où l’on se relaie de père en fils.

 

Jean GARZA derrière le comptoir de sa pâtisserie. (Crédit Photo: Hassene LAZREK – mangeonsbien.tn)

 

Le public des gourmets, les nombreux habitués aussi, répondent présent et continuent de faire un triomphe aux succulentes pâtisseries de la maison Garza. Il m’est même donné de connaître de nombreux Tunisiens expatriés dont le premier réflexe lors du retour au pays est un gâteau de chez Garza, comme le veut l’expression consacrée.

 

Les plateaux de Garza remplis de ses gâteaux. (Crédit Photo: Anissa BOUASKER – mangeonsbien.tn)

 

Au chapitre des souvenirs, ils sont nombreux les écoliers des années soixante à avoir aussi goûté aux succulentes brioches tradition de Garza. Saupoudrées de sucre, ces boules rustiques de pain brioché s’arrachaient littéralement et disparaissaient de l’étal en quelques minutes. Cette fournée de brioches pour les écoliers du quartier n’est plus d’actualité mais la mémoire de ces délices qui ne coûtaient que vingt millimes perdure.
Tout comme la fidélité imperturbable des clients qui reviennent toujours chez les Garza, pâtissiers inséparables du goût de Tunis…

Post-scriptum: Nous tenons à remercier Mme. Mylène Slim Ben Hamida qui nous a permis de publier la petite séquence vidéo sur la pâtisserie Garza.

Pour les curieux:

Adresse:

Pâtisserie Garza, Place de la Monnaie, Tunis. 1000.

Tél: 71-25-49-51

12 Commentaires sur “Chez Garza, les délices intacts d’un pâtissier légendaire

  1. Zagdoun épouse Krief says:

    Un souvenir une odeur et un parfum qui ne s’effaceront jamais de ma mémoire! Il n y avait pas une fête, un chabbat ou un anniversaire sans les délices de Garza !!! J’ai hâte de retourner à Tunis et savourer un mille-feuille ou un gâteau à la pistache, etc…
    Zagdoun C.

  2. Truchet /Pace says:

    Le pâtissier de toutes les bonnes occasions souvenirs inoubliables. J’aimerais tellement déguster un idéal et un mille-feuilles bien cuit et dégoulinant de crème. Merci pour ce joli souvenir.
    Jocelyne.

  3. Nina Madar says:

    J’habitais rue Malta srira et à chaque retour à Tunis, je reprends ma place chez Garza (je mange un gâteau) et je refais le monde avec POTE (c’est le surnom du fils Garza).

  4. Sam says:

    Ahhhh les frangipanes… Un délice que pour rien au monde je n’arrêterai d’acheter chez Garza. Bravo Jean! Courage rien que pour la mémoire de ta mère que j’adorais papoter avec elle alors que j’étais au lycée rue de Russie dans les années 70, presque tous les jours.

  5. Maha jemaa says:

    Encore aujourd’hui, si loin de la Tunisie, je trouve que le goût de ses gâteaux est resté gravé dans ma mémoire. J’étais petite et je me souviens encore de ses délices.
    Ah les Brioches de Garza.

  6. Cohen says:

    Je me souviens que mon père ramenait à la maison tous les vendredi après midi une boite de gâteaux de chez Garza et j’attendais avec impatience qu’il l’ouvre pour prendre mon gâteau carré avec la confiture au dessus et les éclats d’amandes tout autour.
    Je le dégustais dans mon coin sans cuillère juste avec ma petite main d’enfant de 4 ans en commençant toujours par la confiture.
    Souvenir inoubliable et tellement agréable à se remémorer !

  7. Williams says:

    Je me souviens des bons gâteaux que nous apportait Jean le dimanche à la maison. Mon père ayant été son comptable, et c’est avec nostalgie que nous en parlions souvent. Nous espérons venir un jour les déguster lors d’un passage à Tunis.

  8. sabeh says:

    Je ne rate aucune occasion pour envoyer à ma fille de 24, en France, des gâteaux secs de chez Garza. Elle les adore (comme toute la famille). Merci pour cette fidélité aux goûts.

  9. Patrick says:

    J’habitais rue d’Athènes. Je me rappelle surtout de Mme Garza qui était une personne distinguée. J’ai quitté la Tunisie il y a 35 ans et je suis content d’apprendre que la renommée de la pâtisserie est toujours intacte.

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